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L'entourage

Lorsque l'alcool reste purement festif, le gros buveur est largement admis et même parfois considéré : joyeux animateur, boute en train, pourvoyeur d'histoires drôles, de joies éphémères.

Mais lorsque l'alcool s'installe quotidiennement en grandes quantités, l'entourage s'inquiète et commence à manifester sa désapprobation.
L'élan de sympathie initial laisse place à de nombreux autres sentiments ressentis comme négatifs.

Une volonté d'aide se fait jour, " il faut faire quelque chose pour lui ".

Par amour souvent, par peur du qu'en dira-t-on parfois, les proches font de nombreuses tentatives d'aides et de conseils qui ne sont pas suivis par le dépendant alcoolique car il ne peut pas les suivre.

Les " demain, j'arrête de boire ", serment que fait le dépendant à ses proches et à lui-même ne sont pas suivis d'effets passent bientôt pour de la mauvaise volonté, de la faiblesse, de la lâcheté ;
Cet " amour déversé " renforce le comportement de l'alcoolique qui continue à boire puisque tout va bien.

La situation du dépendant alcoolique crée une situation connexe, celles des proches qui peuvent devenir co-dépendants.

La " lettre à la famille " de Fouquet décrit cette situation :

LA "PETITE GUERRE" CHEZ VOUS.

-Quelle est donc cette maladie qui a si profondément détérioré la vie de votre malade et celle de sa famille ?

Depuis des mois, sinon des années, vous êtes le témoin douloureux d'un fait incompréhensible
: il boit trop de vin, trop de bière ou trop d'alcool, soit tous les jours, soit par périodes et il ne supporte plus rien qu'elles que soient les qualités ou quantités de ces liquides.

Peu importent d'ailleurs les modalités de détail de sa consommation, le fait est qu'il continue aveuglément.
Sa santé en souffre, évidemment, mais aussi son humeur, plus souvent mauvaise que bonne;
son caractère devient pénible, irritable; ses capacités intellectuelles fléchissent, son travail aussi s'en est vivement ressenti, etc.

Toutes ces altérations sont évidentes, crèvent les yeux de son entourage.

Naturellement, vous lui en avez fait la remarque, c'était le bon sens même.

A votre étonnement, il est resté sourd et a continué à boire comme avant.

Après les appels à la raison, sont venus les reproches, peut-être même les menaces.

Probablement vous est-il arrivé parfois de vous mettre en colère et finalement de désespérer de trouver une issue à cette situation infernale.

En même temps que votre chagrin et votre irritation croissaient, le mal ne faisait qu'empirer.

Après avoir eu l'illusion persistante qu'il aurait pu s'arrêter s'il l'avait voulu, vous en êtes peut-être arrivé à penser qu'il le faisait exprès.

Au lieu de reconnaître que la vie devenait impossible, votre malade prétendait par exemple, n'avoir rien bu, ou... presque pas : de nombreux indices vous prouvaient immédiatement le contraire.

Après les dénégations, vous avez connu aussi les repentirs, puis les promesses, les espoirs tout neufs chaque fois brisés, etc.
("Lettre à la famille" Fouquet)

" L'exclusion devient familiale, sociale (amis), professionnelle (licenciement) pour aboutir à une exclusion totale (clochardisation).


" Ce qui lui arrive est juste "

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