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Brève histoire
de l'alcool (isme)

Moyen âge, Renaissance
Dégénérescence
"alcoolisme"
l'union sacrée
CCAA
Loi Evin

L'existence des boisoons fermentées est datée de l'ère néolithique, l'homme préhistorique découvre la germination et la fermentation, découverte peut-être accidentelle (mauvais stockage du grain).

Les Egyptiens fabriquaient de nombreuses boissons fermentées (bière, vin de datte…) et les médecins ayant découvert le phénomène d'élimination des germes de la fermentation l'utiliseront pour aseptiser les eaux de consommation du Nil aux fins de consommation.

Le culte de Dyonisos dans la Grèce Antique sera source de joie "et inspiration de l'ivresse mythique, source d'alliance avec la divinité.

Les Romains remplaceront Dyonisos par Bacchus et instaureront les Bacchanales, fêtes réglementées. La production et le commerce de vin s'étend suivant l'expansion territoriale romaine et le développement du Christianisme.

Comme les Grecs, les Romains commencent à décrire les méfaits d'une consommation excessive d'alcool.

Si le premier vigneron illustre reste Noé (" Noé planta la vigne…), c'est aussi l'un des premiers à être décrit comme ivre (…et connut l'ivresse) et à être humilié de s'être mis nu devant ses fils.

La religion chrétienne transforme le vin païen en vin "chrétien". (Dr Viala-Lartigues & C. Merchetti).

La suprématie de l'Eglise sur la viticulture et la production de bière se renforce au Moyen Age (brasseries monacales).

La Renaissance marque l'essor du vin de qualité, les premiers Grands Crus apparaissent entre le XIIème et XIIIème siècle.

Les XVII et XVIIIème siècles verront une viticulture extensive privilégiant la production de "piquette" que l'on boit dans les estaminets, tavernes et autres cabarets.
Ces endroits qualifiés par Balzac de " parlements du peuple " connaîtront la défiscalisation pendant la Révolution Française.
L'ajout de vin à l'eau est recommandée quant se porte ses soupçons de contamination de cette dernière.

Les méfaits de l'alcoolisme commencent à être décrits deuxième moitié du XiX ème siècle, début XXème (dans la littérature, Zola en France, Dickens en Angleterre).

La théorie de la dégénérescence causée par l'alcoolisme est très répandue à l'époque.

Le terme d'alcoolisme apparaît en France en 1852 suite à la traduction des travaux du médecin suédois Magnus Hus décrivant les effets néfastes de la molécule alcool.

Ceci n'empêche pas Pasteur de déclarer " le vin est la plus saine et hygiénique des boissons ".

Ce n'est qu'à partir de la fin du XIX ème siècle que l'on commence à envisager la possibilité de thérapie curative de l'alcoolisme chronique.

Les premiers quartiers spéciaux pour buveurs sont créés à l'Assistance Publique en 1895 mais le traitement reste symptomatique de la société du moment : "les internés boivent d'abord la ration de vin qui fait partie du régime commun puis la ration supplémentaire accordée aux travailleurs ".

Peu à peu, la conscience de la nécessité de l'abstinence absolue prend corps, les alcooliques sont moins considérés comme des dégénérescents.

Les institutions religieuses recueillant des alcooliques commencent à avoir des résultats dans le traitement car pratiquant l'abstinence totale.
Mais souvent, ce sont les pratiques religieuses qui sont mises en exergue pour expliquer ces résultats et non l'abstinence totale.

Des associations laïques d'aide aux buveurs naissent.
Genève sera le berceau d'une association d'aide aux buveurs avec la création en 1877 de la Croix Bleue, association d'obédience protestante.
D'obédience catholique, la Croix d'Or sera créée en 1912.

La Ligue Nationale contre l'Alcoolisme, dont l'ancêtre fut la Société Française de Tempérance (1880) compte 50 000 membres en 1905 et réussit à faire interdire l'absinthe.

La période de la première guerre mondiale sera " période noire " pour le mouvement anti-alcoolique.

La " gnôle " distribuée aux poilus allant au front, l'union sacrée autour du pinard avec l'apologie du gros rouge font augmenter la consommation d'alcool et spécialement de vin.

En 1920, les associations anti-alcooliques ne sont plus considérées par l'Etat français et ne reçoivent plus aucun soutien financier.

L'hôpital psychiatrique Sainte-Anne à Paris inaugure en 1922 le premier service ouvert aux malades alcooliques.

Les cures dites de "dégoût" utilisant l'apomorphine (sédatif de l'anxiété) se généralisent en 1936 par l'ouverture de services dédiés dans les hôpitaux publics.

En 1948, le disulfirame fait son apparition ouvrant une voie possible aux traitements dits ambulatoires.

La psychothérapie individuelle et de groupe commencent à être utilisées. Les "piqûres chauffantes", "méthode Champeau" vont renforcer la voie de la cure ambulatoire.

Le monde associatif se développe et se laïcise avec la création de "Vie Libre" en 1953 ayant pour principal objectif la réinsertion professionnelle.

Le mouvement des "Alcooliques Anonymes" ("AA") apparaît en France en 1960.
Les " AA " ont été créés en 1930 aux Etats-Unis par deux alcooliques devenus abstinents.
Ils prônent l'abstinence absolue (" sobriété ") en avançant dans l'abstinence "24 heures à la fois". Le mouvement fonctionne grâce aux partages d'expérience des membres sur le "comment je boit", "comment je devient et reste abstinent et non sur le "pourquoi je bois".

Les " AA " en France à ce jour comptent entre 8 et 12 000 membres.

Le mouvement associatif anti-alcool se développe dans les grandes entreprises françaises (Amitié PTT, SNCF…).

Les Consultation d'hygiène alimentaire (CHA) sont créées en 1970 pour s'appeler aujourd'hui Centre de Cure d'Alcoologie Ambulatoire (CCAA). On peut noter l'évolution dans la dénomination.

Les unités d'alcoologie sont généralisées en hôpital à partir de 1978 relevant une prise de conscience du corps médical concernant l'alcoolo dépendance (conscience encore très larvée).

On s'oriente vers un accompagnement du malade alcoolique dans sa globalité et non plus une prise en charge.
Le patient vient se soigner et non plus se faire soigner.

Les méthodes de psychothérapie individuelles, de groupe, de relaxation, d'ergothérapie sont utilisées.

Les études de Fouquet mettent en avant "la perte de liberté de s'abstenir de boire" avec trois facteurs dominants :

- le facteur psychique
- le facteur de tolérance
- le facteur toxique

L'alcoologie, nouvelle discipline, intègre les données biologiques, physiologiques, sociologiques, économiques dans une vision globale du "problème alcool".

Mais l'histoire continue….

Parralléllement à cette évolution de conscience, les tenants de la promotion de l'alcool continuent leur travail.

Le récent amendement de la Loi Evin (octobre 2004) démontre cruellement l'inconscience ou l'impossibilité dans laquelle se trouve nos gouvernants.

Lire le
Manifeste pour la vigne et le vin.

" La baisse de la consommation de vin en France depuis 20 ans met les filières de production et de commerce de vin en difficulté".

Les viticulteurs sont affirmatifs : assouplir la loi Evin les aiderait à sortir de ces difficultés.

L'Assemblée Nationale, contre l'avis mitigé du gouvernement, a voté le 13 octobre 2004 un amendement à la loi Evin de 1991 visant à " permettre une meilleure promotion des produits alcoolisés, notamment des vins ".

Il sera bientôt possible (après ratification du Sénat lui beaucoup plus circonspect sur le sujet) de vanter dans une publicité la couleur du vin, son odeur, son goût, son terroir d'origine ou son cépage…….