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Jeunes et alcool

Constat
"Hier, j'ai fait la fête"
"Alcopops" ou "premix"

"Consternant et tragique"

"L'émergence d'une culture de suralcoolisation sporadique".

Ce sont les mots de Gro Harlem Burland, Directrice générale de l'OMS.


Dans le monde entier, d'après l'OMS, la consommation d'alcool commence à un âge de plus en plus précoce.

En France, 86% des garçons de 16 ans et 85% des filles du même âge ont expérimenté l'alcool. (ESPAD 1999)

5% des garçons de 14-16 ans ont déclaré avoir connu 10 périodes d'ivresse au cours des 12 derniers mois. (ESPAD 1999)

D'après le Docteur Dor (Coordinateur scientifique de la prévention des assuétudes en Province de Liège), "plus jeunes les ivresses surviennent, plus les risques de dépendance à l'âge adulte seront importants".

"L^ébriété à un jeune âge conduit également à l'augmentation des risques associés à l'altération de conscience : accidents de voiture, grossesses non désirées...".

Des études menées aux Etats-Unis et en France montrent qu'un début de consommation d'alcool à 12-14 ans est prédictif d'une alcoolisation à 16 ans voire d'un abus d'alcool.

Des facteurs associés à la consommation d'alcool, le plus déterminant d'entre eux est le fait d'avoir essayé ou non un produit psychotrope.

L'usage de plusieurs produits psychotropes concerne 14% des garçons de 19 ans.

Pour les garçons et pour les filles, le lien est très fort entre ivresses répétées et consommation régulière d’alcool ou de cannabis. Il est toutefois plus fort pour les filles que pour les garçons.

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La vie en dehors du foyer familial, la présence dans l'entourage de buveurs, la fréquentation plus importante des cafés, les sorties plus nombreuses entre amis et la consommation d'autres psychotropes favorisent chez les garçons le passage à une "consommation fréquente" (10 fois ou plus par mois).

Chez les filles s'ajoutent des éléments d'ordre psychologique : avoir envie de se suicider, communication difficile au sein de la famille, ne pas se plaire à l'école. Souvent, leur passé familial est très lourd: abus sexuels, parents alcooliques, violence ou négligence.

"L'alcool, symbole de passage à la vie adulte"

Age adulte, indépendance, intégration à la société, à un groupe social, idées eronnées où la rencontre avec l'alcool peut mener à des dérapages.

Identification aux autres (références familiales, amicales), affirmation de sa différence face aux parents, aux copains, copines mais aussi consommation d'alcool pour donner du piquant à une vie qui semble monotone, ennuyante et face à un avenir plus qu'incertain.

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"Hier, j'ai fait la fête"


"Une fête est un excès permis, voire ordonné, une violation solennelle des prohibitions. (Freud "Totem et Tabou")

La fête est une mise entre parenthèse où il n'y a pas violation de la règle puisque la règle elle-même est contestée.

D'une façon générale, les premiers contacts avec l'alcool ont lieu enfamile lors d'un repas de fête.

Les fêtes, les sorties, les soirées occupent une place prédominante dans la vie des jeunes. Elles sont souvent à l'origine de leur consommation.
Les modes de sorties et les formes de fête sont en pleine évolution.
Le remplissage d'une soirée se fait de plus en plus avec la visite de plusieurs fêtes ou boîtes de nuit, une vitesse excessive en voiture permettant d'aller de l'une à l'autre.

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La surconsommation intervient du début à la fin de la nuit; au début pour la mise en train jusqu'au "dernier pour la route".


Les boissons-bières, alcools forts- sont inventées spécialement avec des mélanges d'alcool forts : "TGV", téquila, vodka, gin par exemple. Les bières à degré d'alcool élevé sont très prisées par les jeunes et ont des noms raccoleurs et évocateurs : "Desesperado, Delirium Tremens..."

"C'est une ivresse recherchée plutôt le week end dans le cadre d'une fête entre copains car beaucoup pensent qu'ils ne peuvent pas s'amuser sans se défoncer" et "il s'agit d'une polyconsommation, l'absorption d'alcool étant liée à la consommation d'autres produits : cannabis, ectasy, cocaïne." Dr Philippe Batel, médecin-addictologue

L'apparition des "alcopops" ou "premix"

L'apparition dans les années 90 de nouvelles boissons mixtes (alcool+soda) est à plusieurs titres alarmante: par leur nouveauté, leur emballage, elles plaisent aux jeunes et se démarquent des alcools traditionnels ("l'alcool des parents")

Le mélange d'alcool et de soda permet de masquer le goût caractéristique de l'alcool.
Les jeunes les perçoivent comme des boissons fruitées, sucrées présumées très peu alcoolisées; or les alcopops contiennent en moyenne 5° d'alcool. Une bouteille d'alcopops de 25cl contient autant d'alcool qu'un demi de bierre ou un whisky consommé au café.

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Les alcooliers comme Bacardi® ou Smirnoff® se disputent une clientèle très jeune et plus particulièrement les jeunes filles.
Tout est bon pour contrôler ce nouveau marché : packaging "fun", messages publicitaires "provoc", non conformistes, animation dans les boites de nuit...

En Allemagne, 52% des 16-17 ans consomment régulièrement des "alcopops". Les ventes ont augmentées de 3 à 13 millions de litres entre 2001 et 2002.
En Suisse, les chiffres de vente ont été multipliés par 30 entre 2000 et 2003.

Les gouvernements européens n'ont pas tarder à réagir face à ce problème: La France, dès 1996, a taxé les premis, taxe réévaluée récemment à 11 euros par décilitre d'alcool pur.(il est vrai que le vin pouvait être menacé!...)
En Suisse, l'imposition des prémix a augmenté de 300%: L'Allemagne impose une taxe de 80 à 90 centimes d'euros par bouteille.

On a pu constater en France et en Norvège une stagnation des ventes suite à ces mesures.


Mais, apparaissent aujourd'hui les "MALALTERNATIVES", mélange de bière et d'alcool................